La forêt surpasse ma force

Posted juin 5th, 2011 by Lux

La forêt surpasse ma force.

Ma rose est cachée loin de moi.

Si les bois étaient moins vastes

Ma rose serait moins éloignée de moi.

Si je pouvais avoir ma précieuse rose,

Je vivrais pour toujours dans l’amour.

Si je savais ce que sait Shekinah,

Mon exil serait bien plus court.

Chanson du Rabbin Isaac de Laig.

Traduit de l’anglais par Lux.

Songez à un jeune arbre qui pousse

Posted juin 5th, 2011 by Lux

Songez à un jeune arbre qui pousse dans la lumière du matin.

Songez à sa force : c’est la Déesse.

Songez à la soie du maïs : c’est sa chevelure.

Songez à deux joyaux assortis : ce sont ses yeux.

Songez aux ailes d’un cygne : ses mains.

Songez à deux colombes grises : ses seins.

Songez au doux roucoulement des pigeons :

Vous entendez maintenant sa voix.

Chanson serbe sur la Déesse.

Traduit de l’anglais par Lux.

(La soie du maïs.)

Je suis faite de primevère des montagnes

Posted juin 5th, 2011 by Lux

Je suis faite de primevère des montagnes, de rose et d’épine,

De fleurs d’ortie qui s’épanouissent dans l’ombre,

D’ajonc et de chardon.

Je suis née du manteau de la Dame.

Neuf fleurs ont donné neuf pouvoirs, neuf arbres

et neuf herbes de plus, voilà ce qui m’a formée.

On m’appelle Bloudewedd.

La terre et la magie coulent dans mon sang.

Chanson galloise de la Déesse-Fleur.

Traduit de l’anglais par Lux.

Luonatar a fait les montagnes

Posted juin 5th, 2011 by Lux

Luonatar a fait les montagnes

Avec les empreintes laissées par ses pieds en dansant.

Luonatar a fait les cavernes des mers

En plongeant et en nageant avec plaisir.

Luonatar a fait les rivages

En flottant sur les eaux.

Luonatar a touché les rivages

Et a marqué des lieux pour prendre les saumons dans les filets.

Mythe de création finnois.

Traduit de l’anglais par Lux.

Mère Maïs

Posted juin 5th, 2011 by Lux

Mère Maïs, entends tes enfants.

Mère Maïs, ouvre la voie.

Mère Maïs, laisse-nous te toucher.

Mère Maïs, ouvre la voie.

Mère Maïs, entends tes enfants.

Mère Maïs, ouvre la voie.

Mère Maïs, nous te prions.

Mère Maïs, ouvre la voie.

Prière cérémonielle Pawnee

Traduit de l’anglais par Lux.

Au travers des fleurs

Posted mai 8th, 2011 by Lux

Au travers des fleurs

Au travers des floraisons

Ils viennent, ils viennent

Ils viennent vers ma chanson

Au travers de la rosée scintillante

Au travers des floraisons

Ils viennent, ils viennent

Ils viennent vers ma chanson

Au travers du pollen,

Au travers des fleurs,

Ils viennent, ils viennent

Les chevreuils viennent vers ma chanson

Chant de chasse Navajo

Traduit de l’anglais par Lux.

Je me suis servi plusieurs fois de ce chant pendant des voyages au tambour, pour partir à la chasse aux idées et à l’inspiration. Je laisse dans ce cas un “elles viennent vers ma chanson”, “ils viennent vers ma chanson” assez indeterminé à la fin. C’est formidablement chouette :)

Je suis belle, je suis belle en effet

Posted mai 7th, 2011 by Lux

Je suis belle, je suis belle en effet :

Je suis l’esprit de la terre elle-même.

Je suis belle, je suis belle en effet :

La force de la terre est ma force.

Je suis belle, je suis belle en effet :

Les pensées de la terre sont mes pensées.

Je suis belle, je suis belle en effet :

Tout ce que la terre est, tout ce qui est, partout, je le suis.

Je suis belle, je suis belle en effet.

Chant de la Femme Changeante ~ Amérindiens Navajo.

Traduit de l’anglais par Lux.


Handfasting and Wedding rituals – Préface

Posted mai 6th, 2011 by Lux

Pourquoi demander la bénédiction d’Héra, la Déesse grecque du mariage sur ce livre ?

La majorité de ceux qui ont étudié la mythologie classique la voient comme une mégère jalouse plutôt que comme une déesse douce et positive. Et pourtant… même en mettant de côté l’idée que sa colère puisse être une addition tardive (faite une fois qu’elle fut privée de la plus grande partie de son pouvoir et conservée uniquement en tant que compagne de Zeus), le pouvoir d’Héra mérite d’être pris en considération. A chaque fois que quelqu’un pleure parce qu’il n’a pas de partenaire stable, ou désire désespérément se marier, ou se ronge les sangs de jalousie toute la nuit parce que son conjoint est sorti avec quelqu’un d’autre, il invoque l’énergie d’Héra dans sa vie. A chaque fois que des gens prennent des engagements l’un envers l’autre, rêvent de concrétiser un mariage ou entament une session avec un conseiller conjugal avec la conviction que leur couple en sortira renforcé, ils invoquent également son pouvoir.

Le mariage, comme toutes les choses qui valent la peine d’être faites, est une situation ambivalente. Il n’est pas facile de s’engager, avec qui que ce soit, et de promettre qu’on restera là, qu’on ne s’enfuira pas, qu’on luttera, qu’on partagera et qu’on travaillera sans relâche, qu’on ne déposera pas les armes avant que tout ne semble désespéré, qu’on pensera à l’autre à chaque fois qu’on prendra une décision, qu’on fera passer ses besoins en premier sans pour autant oublier les nôtres. C’est loin d’être simple. En fait, ça peut devenir une véritable galère (bien que surmonter les obstacles soit parfois gratifiant), et c’est la raison pour laquelle la moitié des mariages se terminent en divorces. Pourtant, on persévère, encore, et encore, et encore. Le rêve est trop attirant, et la récompense éventuelle au bout du chemin n’est pas négligeable. Le mariage est un creuset dans lequel les gens en apprennent beaucoup sur eux-mêmes, sur l’éducation qu’ils ont reçue, sur leurs démons, leurs schémas mentaux, leurs forces, leurs défis, et leurs véritables voies. Il est pratiquement impossible de se rapprocher si près d’un autre être humain, même si c’est pour peu de temps, et de ne pas en retirer un enseignement profond à propos de soi.

Ce qui nous ramène à Héra. Elle n’est pas une Déesse facile, bien que ses dons soient grandioses. Elle exige de l’attention, peut-être plus que ce qui est communément admis – comme au sein d’un mariage. Elle provoque des disputes et remet en question l’ordre établi – comme au sein d’un mariage. Elle refuse de lâcher prise, ou de passer au second plan, elle ne veut pas qu’on lui dise de se taire, d’être un simple soutien décoratif. Elle impose qu’on travaille pour être bénis par elle, parfois cela requiert des actes vraiment héroïques, c’est le vrai secret du mariage. Nous demandons dont la bénédiction d’Héra sur ce livre, même s’il ne traite que de la partie positive de la vie maritale : son commencement.

Traditionnellement, Héra était une Déesse triple : fiancée, femme mariée, et veuve. Ce livre est dédié à Héra la fiancée, mais nous gardons en tête que ses deux autres formes existent également en elle. C’est la partie la plus difficile du mariage, celle dont personne ne parle – quel que soit les efforts que vous ferez en faveur de votre relation, tôt ou tard elle rencontrera son terme, comme toute chose. Soit vous divorcerez, soit l’un de vous deux mourra. Cette pensée amère, qui plane juste en dehors du champ de vision sur tous les mariages, rend simplement la joie du moment plus intense. Ainsi va la vie ; on accepte le défi avec l’harmonie. Héra comprend cela.

Handfasting and Wedding rituals ~ Raven Kaldera et Tannin Schwartzstein ~ Traduit de l’anglais par Lux.

Posted mai 6th, 2011 by Lux

Ils achevèrent de planter le petit arbre dans une agréable clairière et Maude tassa la terre autour des racines.

- Et voilà, dit-elle en se redressant. Il sera très heureux ici.

- Oui, c’est un coin plaisant, fit Harold en s’appuyant sur la bêche. Et c’est de la bonne terre.

- J’aime manier la terre et j’en aime l’odeur. Notre mère la terre. “Mes pieds foulent la terre et ma tête effleure les étoiles.” Et se mettant à rire : Qui donc a dit ça ?

- Je l’ignore.

- Dans ce cas, ce doit être moi, fit Maude riant de plus belle. Adieu, petit arbre. Pousse en force et en hauteur, puis meurs pour enrichir la terre. N’est-ce pas merveilleux, Harold, de sentir toute cette vie autour de nous ? Cette végétation pleine de sève ? Venez. J’ai quelque chose à vous montrer.

Elle l’entraîna dans un sentier et s’arrêta au pied d’un pin magnifique.

- Que pensez-vous de cet arbre ?

- Je le trouve grand.

- Que direz-vous quand vous admirerez le paysage du haut de son sommet !

- Vous n’allez tout de même pas grimper sur cet arbre ?

- C’est bien ce qui vous trompe. Je ne manque pas de le faire chaque fois que je viens ici. Vous verrez, Harold, rien n’est plus facile que d’en gagner le faîte.

- Et si vous tombiez ?

- Cela ne m’est jamais venu à l’esprit, dit Maude qui déjà commençait son ascension. C’est une pensée déprimante qui ne mérite pas que je m’y attarde.

- Bon, fit Harold, résigné, en mettant le pied sur la première branche.

Ils s’élevèrent d’environ vingt-cinq mètres. Comme l’avait dit Maude, l’ascension ne présentait aucune difficulté, mais à mesure qu’ils approchaient du faîte, Harold sentait l’arbre osciller au gré du vent. Il en eut la bouche sèche.

- Nous y voilà, Harold ! s’exclama Maude. Ne dirait-on pas que ce perchoir naturel a été fait exprès pour nous ?

Elle s’installa sur une grosse branche et se poussa pour faire de la place à Harold. Il vint s’asseoir à côté d’elle mais sans lâcher le tronc auquel il se cramponnait.

- N’est-ce pas grisant ? s’exclama Maude contemplant la forêt moutonnante qui s’étendant sur des kilomètres jusqu’aux lointaines collines.

- Oui, fit Harold, avalant sa salive. Mais je trouve ça haut.

- Rendez-vous compte ! Nous sommes là, bercés dans les bras de ce géant, notre regard embrasse des millions d’autres arbres… et nous faisons partie de tout cela.

Extrait d’Harold et Maude, Colin Higgins.

Je recommande vivement la lecture de ce livre qui parle à l’âme, histoire d’amour improbable entre un jeune homme de 19 ans obsédé par la mort, étouffé par une société malade, et une vieille femme de 79 ans qui n’a que faire des convenances ou de la logique.

Mère, Déesse, montre-moi les secrets de mon coeur.

Montre-moi où je me suis écarté de mon chemin.

Montre-moi comment retrouver mon chemin.

Vole devant moi, illuminant mes pas.

Vole devant moi, pour me montrer la route large

Qui mène à mon meilleur futur. Montre-moi la voie !

Prépare le chemin pour mes pieds qui le cherchent !

O Mère de lumière, toi qui demeures au Sud

Sur neuf collines boisées, O montre-moi le chemin !

Prière chamanique sibérienne ~ Traduit de l’anglais par Lux.